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Le 30/03/2015

Fleur Kaluvangimoko, lauréate lorraine de "Ma thèse en 180 secondes"

Avec sa prestation teintée d'humour et d'improvisation, Fleur Kaluvangimoko a gagné l'adhésion du jury et du public de la finale régionale du concours "Ma thèse en 180 secondes" organisée le 24 mars. Entretien avec cette doctorante en droit au sein du laboratoire IRENEE à Nancy.

 

 

Eureka Lorraine : Comment accueillez-vous cette distinction ?
Fleur Kaluvangimoko :
Je suis surprise et très contente. N'ayant pas pu suivre les formations de préparation au concours proposées par l'Université de Lorraine, je me suis entraînée auprès d'amis et de ma famille. Je suis donc très étonnée par le résultat, d'autant plus que j'ai reçu le premier prix du jury à l'unanimité et le prix du public. En tout cas, je n'ai pas eu l'impression de me distinguer, j'ai simplement essayé de faire du mieux possible. J'ai pris la compétition comme un jeu : je me suis beaucoup amusée, j'ai laissé libre court à ma spontanéité, à ma personnalité et à mon humour. Certains spectateurs ont d'ailleurs pensé que je n'avais pas travaillé mon texte, que tout était improvisé. Mais j'ai simplement pris des libertés par rapport à ma ligne conductrice et rajouté de la fantaisie dans ma présentation. Je pense rester dans la même optique pour la finale nationale du concours le 3 juin prochain à Nancy.

 

Pourquoi avoir participé à "Ma thèse en 180 secondes" ?
Pour relever un défi. J'ai débuté ma thèse depuis seulement 4 mois. Je me suis dit que si en 3 minutes j'arrivais à recentrer mon sujet, le rendre intelligible et intéressant et à lui donner du rythme, alors ça serait profitable pour mes recherches. Plus globalement, c'est aussi une bonne chose pour le rayonnement et la valorisation de la recherche que des thèses soient diffusées auprès du grand public.

 
"Je cherche des modalités d'articulation entre le droit coutumier et le droit étatique"
 

Sur quoi portent vos recherches ?
Ma thèse, préparée au sein de l'Institut de Recherches sur l'Evolution de la Nation Et de l'Etat (IRENEE), s'intéresse à comprendre comment, pourquoi et jusqu'à où le droit peut traduire un dialogue des cultures. Concrètement, il s'agit de savoir comment s'articule le droit étatique et le droit coutumier (le cas des groupes qui continuent à observer leur coutume ancestrale). En Tanzanie par exemple, l'Etat prévoit l'égalité hommes-femmes dans l'accès à la propriété. Or, dans certains groupes minoritaires qui observent des règles coutumières, la femme ne peut pas hériter de terres. Comment fait-on ? Je cherche donc des modalités d'articulation entre le droit coutumier et le droit étatique. Les deux sont reconnus formellement par le droit international mais il n'y a pas de "mode d'emploi" clair et défini, ce qui peut générer des conflits. En Nouvelle-Calédonie notamment, il existe des assesseurs coutumiers qui conseillent les "juges étatiques" afin que les deux droits puissent dialoguer.

 

Quel est l'intérêt d'être capable d'expliquer sa thèse à un public profane et en si peu de temps ?
L'exercice demande de la réactivité, de l'adaptation et de la mise en scène. Il nous oblige à aller à l'essentiel et à modeler notre sujet pour le rendre attrayant. Je pourrais utiliser cette expérience lors de mes présentations dans des conférences ou des colloques. De même, si j'en arrivais à devenir maître de conférences, j'aimerais donner mes cours d'une manière aussi dynamique qui, d'après moi, fait défaut. Pourquoi ne pas bousculer les codes universitaires ?

 

© photo : L'Œil Créatif

 
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IRENEE : Institut de Recherches sur l'Evolution de la Nation Et de l'Etat
L'IRENEE est apparu en 1997 en tant que structure fédérative de recherche, avant de devenir, à compter de 2005, l'unité de recherche de droit public et science politique de l'Université Nancy 2, puis de l'Université de Lorraine au 1er janvier 2012. Il réunit désormais l'ensemble des enseignants-chercheurs et doctorants en droit public et science politique de diverses composantes de l'Université. Sa dénomination situe aussi son projet scientifique : l'étude du phénomène étatique et de son substrat humain, qu'il entend porter au niveau national et international dans ses différentes activités et, notamment par sa revue Civitas Europa.
 
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