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Le 02/12/2016

Thérapie photodynamique : quand la lumière soigne

Dans la thérapie photodynamique (ou PDT en anglais), la lumière ne "soigne" pas directement mais vient déclencher une réaction en chaîne sur le site à traiter. De par sa précision, la technique est adaptée à la prise en charge de certaines tumeurs cancéreuses.

 

 

Les premiers essais sur l'homme ont eu lieu en 1978 et la première autorisation pour un photosensibilisateur a été obtenue en 1993. "Depuis, différents pays utilisent la PDT dans différentes indications et différentes applications cliniques" note Céline Frochot, directrice de recherche (CNRS) au laboratoire Réactions et Génie des Procédés (LRGP) de l'Université de Lorraine. Le principe de la thérapie photodynamique est de faire agir une lumière sur une molécule qui va activer l'oxygène autour d'elle. Ces espèces réactives de l'oxygène vont détruire les cellules tumorales. "C'est une technique qui fait partie de l'arsenal thérapeutique, très souvent en association avec la chirurgie, souligne Céline Frochot. L'avantage est que l'action est très ciblée, car on produit les espèces réactives de l'oxygène seulement là où la lumière est appliquée. La lumière n'est pas nocive seule et la PDT n'altère pas la qualité de la réponse immunitaire."

 
Tissu de lumière

Le CHU de Lille traite cette année des patients atteints de cancer du mésothéliome (causé par l'amiante) avec cette technique, qui se pratique depuis plusieurs années aux Etats-Unis. La recherche menée dans ce cadre porte sur les molécules photosensibles et sur les systèmes d'illumination. A Lille, l'équipe INSERM U1189 du Pr. Serge Mordon a développé un tissu lumineux innovant pour le traitement de lésions précancéreuses (Kératoses actiniques) par PDT grâce à un financement de l'Union européenne. Cette équipe va mettre prochainement en œuvre un nouveau protocole pour le traitement du glioblastome (cancer du cerveau). Côté molécules, une "biotech" française, Stebabiotech, a développé dans le cancer de la prostate un produit photosensible qui sera bientôt sur le marché, le Tookad. Moins de cinq molécules ont l'autorisation de mise sur le marché en France pour ce type d'utilisation, alors qu'il en existe beaucoup en usage dans le monde.

 
Nancy, terre d'expertise

"Beaucoup de possibilités existent avec la lumière, observe Céline Frochot. Par exemple on peut aujourd'hui utiliser la lumière du soleil. On applique une crème au patient, il sort au soleil et la molécule s'active. Nos molécules absorbent de 400 à 700 nm dans toute la gamme. Selon les applications, on va utiliser plutôt une lumière plutôt bleue ou plutôt rouge car elles pénètrent plus ou moins profondément dans les tissus. A Nancy notre spécificité est le ciblage. Nous travaillons* avec des cliniciens pour mettre au point des nouvelles molécules ou des nanoparticules pour cibler spécifiquement des récepteurs surexprimés soit sur les tumeurs, soit sur les néo-vaisseaux. " Nancy est historiquement une terre d'expertise de la PDT car le centre anticancéreux Alexis Vautrin (aujourd'hui Institut de Cancérologie de Lorraine) s'est intéressé à cette technique sous l'impulsion de son directeur François Guillemin dès les années 1990. Le colloque international en PDT clinique qui s'est tenu à Nancy fin octobre 2016 a réuni 215 personnes en provenance de 25 pays. Le potentiel d'application de la PDT reste important.

 

* Laboratoires LRGP, LCPM et CRAN

 
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LRGP : Laboratoire Réactions et Génie des Procédés
Le Laboratoire Réactions et Génie des Procédés (UMR 7274) est une unité mixte du CNRS et de l'Université de Lorraine rattachée principalement à l'Institut INSIS du CNRS (et secondairement à l'INC (Institut de chimie) et à l'INEE (Institut d'écologie et environnement) du CNRS) ainsi qu'au pôle EMPP (Énergie, Mécanique, Procédés, Produits) de l'Université de Lorraine. L'unité comporte 284 personnes, elle est composée de chercheurs CNRS, d'enseignants chercheurs, et de personnels ITA CNRS et BIATSS de l'Université de Lorraine ainsi que de personnel non permanent (chercheurs sur contrats, doctorants, post-doctorants, masters).